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En-dehors de Saint Seiya => Bibliothèque => Discussion démarrée par: Samantha Rosenwood le Mercredi 4 Décembre 2024, 17:52

Titre: Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Samantha Rosenwood le Mercredi 4 Décembre 2024, 17:52
Pour discuter des œuvres de Stephen King, des livres autant que de leurs adaptations cinématographiques et cathodiques, voilà l'endroit qu'il vous faut.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Samantha Rosenwood le Jeudi 5 Décembre 2024, 16:19
Pendant notre temps de pause, j'ai lu Minuit 2. Deux histoires terrifiantes qui vous feront réfléchir à deux fois avant de prendre l'avion, ou d'être tenté de voler l'histoire d'un autre. Entre là Quatrième Dimension et la folie, King a parfaitement su associer les deux en un cocktail délectable à souhait. La première nous met en garde contre ceux qui nous racontent des histoires pour mieux jouer avec nos peurs, la seconde que voler l'histoire d'autrui se paye cash. La seconde m'a beaucoup plue, car j'ai moi-même failli être victime d'un vol assumé de mes travaux écrits, par quelqu'un qui pensait que ce n'était pas la mer à boire, qu'elle les modifient et les mettent en ligne sans mon accord. Inutile de vous dire qu'elle s'en mord les doigts, aujourd'hui.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Angry AZB le Vendredi 3 Janvier 2025, 10:50
Perso je relis des nouvelles des années 70 à 90 (la meilleure période donc) et y'en a une, je crois que c'est celle entre toutes qui me fait vraiment le plus flipper, c'est "L'Excursion" (The Jaunt en VO) du recueil Brume/Skeleton Crew  :shinobu1

Pourtant on est pas vraiment dans l'horreur à proprement parler (à part la fin...), mais conceptuellement et psychologiquement, ça fout bien les jetons. On est plusieurs siècles dans le futur, une époque ou la téléportation est devenu un moyen de transport aussi commun que l'avion (et a permis de coloniser les autres planètes du système solaire, au passage), mais y'a un impératif:

Spoiler
Il faut être anesthésié pour faire le voyage. Parce que si pour le corps, l'arrivée est instantanée, un esprit réveillé peut rester coincé, et ce pendant une durée avoisinant les milliards d'années, où tu te retrouves seul avec ton cerveau dans l'immensité du néant, à rien pouvoir faire d'autre que te faire tartir (https://forum-images.hardware.fr/images/perso/shlavos.gif)

Du coup, quand l'esprit rejoint finalement le corps dans le monde réel, soit tu deviens dingue, soit tu clamses d'une crise cardiaque, soit plus vraisemblablement les deux (https://simpsonspark.com/framegrabs/9f04/thumbs/frame170.jpg) Mais alors le truc que je trouve encore plus flippant, c'est qu'à un moment dans la nouvelle y'a un type qui balance exprès sa femme dans un téléporteur, sans l'anesthésier évidemment, et en plus sans programmer de point de sortie (donc le corps arrivera jamais à destination, en gros)... T'imagines la pauvre femme condamnée à l'Another Dimension éternelle (au moins l'AD, j'imagine qu'au bout d'un moment tu finis par claquer de faim et de soif, mais là...) (http://www.icavalieridellozodiaco.net/archivi/Shots/Epi45/thumbnails/thumb_cap189.jpg)
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Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Samantha Rosenwood le Dimanche 25 Mai 2025, 13:25
Le Bazar Des Mauvais Rêves:

À travers ce recueil d'histoires, Stephen King nous donne un aperçu de son mode créatif, à sa méthode pour retranscrire les histoires qui viennent à lui. À ma stupéfaction, je me suis rendue compte que nos approches vis-à-vis de nos univers, se ressemblaient beaucoup: la plupart du temps, King voit ses intrigues se dérouler comme un film à travers un rêve, et s'ancrent également dans notre réalité, à travers de situations vécues. Ce qui se perçoit clairement à la lecture, et ne rend le conteur qu'encore plus attachant.

Un côté « Contes De La Crypte », pour les nostalgiques de la série, où l'amoralité est montrée du doigt, sans être nommée, avec une précision magistrale. King est définitivement plus à l'aise à raconter des histoires individuelles, que des histoires plus longues, nous permettant de mieux embrasser, au fur et à mesure, toute sa palette de couleurs.

Bien que j'ai aimé toutes les histoires dans leur globalité, ma préférence est allée à la dernière, « Cookie Jar »: elle rappelle que sous la douceur et la saveur d'un biscuit bien moelleux, toute l'amertume dont la nature humaine peut être capable envers son prochain, peut toujours remonter à la surface, si nous n'y prenons pas garde. Une histoire aussi savoureuse que salutaire, comme Stephen King sait si bien les confectionner.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Samantha Rosenwood le Dimanche 10 Août 2025, 14:02
Baazar:

J'ai énormément apprécié la lecture de ce roman, qui démontre encore une fois, qu'une menace peut prendre sa source au sein d'une communauté, à la suite de l'arrivée d'un nouvel habitant. Un fait qui est toujours d'actualité, car n'importe quelle communauté, qu'elle soit réelle, ou virtuelle, voire les deux, peut se voir prise d'assaut par un inconnu au bataillon, de la manière la plus sournoise qui soit.

Se faisant passer pour un modeste commerçant, Leland Gaunt, vient vendre aux citoyens de Castle Rock, ce qu'ils ont toujours vraiment voulu, du moins, en le leur faisant croire: pour ce qu'ils ont acheté soit bien à eux, il les poussent à se jouer de très mauvais tours aux uns et aux autres, avec des missives injurieuses à l'appui. Déclenchant ainsi une zizanie parmi ces derniers, qui basculent dans une guerre généralisée entre amis et connaissances, collègues et voisins, policiers et citoyens. Briser des couples ne le rebute pas, jusqu'à ce que l'amour unissant Alan Pangborn et Polly Chalmers, lui donne la preuve que le véritable amour peut tenir tête, et venir à bout de n'importe quelle monstruosité.

Leland Gaunt m'a rappelé, par certains côtés, ces individus qui ont la haine les autres, et qui souhaitent les rendre aussi malheureux qu'eux, pour se sentir moins seuls. Ce qui trahit une pensée égoïste, magistralement comprise par Alan, lors de leur ultime confrontation, Gaunt ayant tout fait pour éviter de le rencontrer, afin de mener sa mission malfaisante à bien. Il savait qu'Alan ferait tout pour l'arrêter, et c'est ce qui s'est passé.

En lui confisquant sa valise contenant les âmes qu'il avait trompé sans scrupules, qu'il avait récolté telle une vulgaire liste de courses, Alan avait mis au jour que pour Gaunt, la vie d'autrui ne valait pas un clou, tant qu'elle ignorait ce qu'était la souffrance.

Le genre de cadeau que nous préférons tous nous en passer.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: cacaman le Mercredi 13 Août 2025, 18:18
J'ai bien aimé les histoires de Stephen King que j'ai lues, globalement.
De mémoire j'ai lu :
- Ça
- Marche ou Crève
- Misery
- La Ligne Verte
- Christine
- Le Fléau
- Simetierre
- Salem
- Bazaar
- Dead Zone
- Les Tommyknockers
- La Part des Ténèbres
- Dolores Claiborne
- Sac d'Os
- Shining

Si je devais faire un reproche à cet auteur, il se situerait dans ce passage que tu décris bien :
Citationlui donne la preuve que le véritable amour peut tenir tête, et venir à bout de n'importe quelle monstruosité.
Une certaine naïveté en somme. :violon1
Ça transparaît aussi énormément dans Le Fléau, qui pourtant démarre de façon vraiment lugubre, et introduit le personnage de Randall Flagg. J'aurais préféré que ça ne tourne pas en mode "Le Bien Contre Le Mal", parfois j'aime bien que ça glisse lentement mais sûrement vers le désespoir.

Et puis sur une note un peu HS, par rapport au titre du topic, chacun ses préférences bien sûr ; mais si pour moi Stephen King c'est le Chevalier Cristal, HP Lovecraft c'est Camus  :o
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: The Endoktrinator le Mercredi 13 Août 2025, 18:56
Je ne sais pas si c'est le seul, mais Carrie correspond bien à quelque chose de plus sombre. Si tu as vu seulement le(s) films, le roman est à lire quand même.

Je ferai bientôt un retour dessus.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: ThanaTwinGod le Jeudi 14 Août 2025, 12:29
Je lisais beaucoup Stephen King quand j'étais au lycée.
De bons souvenirs de lecture, bien qu'après coup je trouve trop longs la plupart de ses romans.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Miyamotoo le Jeudi 14 Août 2025, 15:22
Je n ai lu qu un Stephen King plus jeune mais il m a suffisamment traumatisé pour que j enferme une peluche dans un placard sous une tonne de jouet scellé a jamais telle Poseidon dans son urne dans le MBW.
Une histoire avec singe jouet maudit, lorsque ses timbales sonnait, un meurtre avait lieu..... :onionsweat

Je l aimais pas ce jouet.... :onionno
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Ras-Al-Ghul le Jeudi 14 Août 2025, 16:47
Moi ce sont les clowns que je déteste.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Samantha Rosenwood le Mercredi 18 Mars 2026, 14:35
La Part Des Ténèbres:

Ce roman de King m'avait intrigué, ayant de très vagues souvenirs de l'adaptation cinématographique de ce dernier, contrairement à celle de Christine, que j'avais vu enfant.

Au fil de ma lecture, l'auteur soulève plusieurs thèmes intéressants: le premier que l'inspiration a toujours un prix, surtout si nous ne faisons pas preuve de circonspection, aux idées qui nous viennent, si ces dernières flirtent avec l'immoralité la plus totale.

Le fantôme de George Stark, frère jumeau de Thad Beaumont, s'adonne à un carnage en règle dans l'entourage de Thad, suite au simulacre de ses obsèques, étant considéré comme un être irréel, de papier. Au-delà du massacre, George veut échanger sa place avec celle de son frère, alors qu'il n'a rien à faire dans notre réalité, qu'il n'y appartient pas du tout.

Ce détail a son importance, car cette usurpation de vie, au sens propre comme au figuré, nous rappelle que c'est nous qui détenons le pouvoir sur ce que nous souhaitons laisser comme trace de notre passage sur cette terre, et non une tierce personne qui voudrait décider à notre place, en faisant fi de notre libre arbitre. Que cela soit à travers une trace écrite, ou des actions.

Le point culminant reste la destruction finale de Stark, emporté par un immense nuage de moineaux. J'ai revu alors la séquence du squelette tournoyant de celui-ci, avant de franchir la fenêtre, et de disparaître, dans la dernière scène de l'adaptation cinématographique du livre. Cette image m'avait hanté pendant des années, et suite à ma lecture, elle a complètement disparue de ma mémoire.

George Stark a repris avec lui, toutes les idées noires qu'il avait inspiré à son frère, autrefois. Autrement dit, sa propre histoire, avec laquelle Thad a clairement fait savoir qu'il ne voulait plus rien à faire avec cette dernière, et écrire ce qu'il voulait vraiment, en reprenant le contrôle de sa vie et de son inspiration. Son histoire, la sienne.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Sharivan le Lundi 25 Mai 2026, 11:17
Je viens de terminer la lecture de Running Man.

Je l'avais lu il y a très longtemps, et en le reprenant récemment, je me suis rendu compte que j'avais oublié énormément de choses. C'est presque comme si je le découvrais à nouveau, et ça m'a permis de mieux apprécier ce que King, ou plutôt Bachman, cherchait à faire avec ce roman.

Ce qui frappe immédiatement, c'est à quel point l'ambiance futuriste, sale, étouffante fonctionne encore aujourd'hui. King décrit une société ultra‑inégalitaire, rongée par les médias, la pauvreté et la violence, et même si le livre date de 1982, on ressent une proximité troublante avec notre époque.
Le monde est crédible, brutal, sans fioritures. On sent la sueur, la pollution, la paranoïa. C'est un futur qui n'a rien de clinquant : c'est un futur qui pue la misère.

Le rythme est également très efficace : court, nerveux, tendu. On est littéralement embarqué dans la fuite en avant de Ben Richards, et le roman ne te lâche jamais.

Pour les forces du roman, on y retrouve une ambiance dystopique, King excelle à créer un monde qui semble vivre au-delà des pages. La critique des médias et la télé-réalité est poussée à son extrême, cynique et manipulatrice, est l'un des aspects les plus réussis. Le personnage principal, Ben Richards est un héros à la fois dur, désespéré et profondément humain. Le roman file à toute vitesse, sans temps mort, ce qui renforce la tension.

Même si le livre est globalement très bon, on peut lui reprocher quelques petites choses. Les personnages secondaires, beaucoup sont assez fonctionnels, parfois esquissés trop rapidement. On sent que King voulait aller droit au but. Certaines facilités et quelques rebondissements arrivent un peu vite, presque mécaniquement, comme si l'auteur privilégiait la tension au détriment de la vraisemblance. Un style volontairement sec, le ton Bachman, plus froid et plus brut que le King habituel, peut dérouter. C'est voulu, mais ça peut donner une impression de roman "écrit vite".

Une fin abrupte, très marquante, mais je la trouve un peu trop radicale ou expédiée.

En résumé, Running Man reste un excellent roman dystopique, tendu, sombre et étonnamment moderne. Il n'a pas la profondeur psychologique d'un Shining ou la densité d'un Ça, mais il possède une efficacité redoutable et une ambiance qui te colle à la peau.
C'est un King différent, plus sec, plus politique, plus désespéré, et c'est justement ce qui fait sa force.
Titre: Re : Stephen King, Le Maître Des Contes Du Fantastique
Posté par: Samantha Rosenwood le Vendredi 10 Juillet 2026, 16:47
Brume:

Je viens récemment de finir ce recueil de nouvelles, et bien qu'elles soient toutes tres prenantes, j'ai très vite eu mes préférences. II s'agit de « Nona », « La balade de la balle élastique », et... »La divine machine à traitement de texte ».

« Nona » évoque une histoire d'amour, aussi folle qu'improbable, entre un homme et un rongeur, qui s'est fondu parmi nous pour le piéger. Et nous finissons par ressentir le même sentiment que celui qui raconte son histoire, rien qu'en imaginant des bruits dans les murs. Déjà que j'ai une phobie monstre des rongeurs, je me suis surprise à aimer cette histoire, alors que tout ce que j'avais pensé en premier, c'était acheter une tapette!

« La balade de la balle élastique » est un voyage vers les abysses de la folie. Qu'il ne suffit souvent de pas grand-chose pour que toute lucidité quitte un esprit, et qu'on finit par faire des choses qui divorcent avec le bon sens. Par exemple, je n'aurais jamais songé à donner à manger à ma machine à écrire (oui, j'en avais possédé une, autrefois). Quand même, il fallait y penser!

« La divine machine à traitement de texte »: je me suis souvenue d'avoir lu @Alaiya et @Angry AZB, évoquer cette histoire à notre ancienne adresse. Maintenant que je l'ai lue à mon tour, je comprends pourquoi elle les avait tant marqués. Une machine créé pour réécrire notre vie actuelle, avec des êtres chers, en effaçant ceux qui nous déplaisent, et qui font notre malheur. Le principe du « On efface tout, et on recommence! », pris au pied de la lettre par King. Qui n'a jamais voulu rayer de sa vie ceux qu'ils ne supporte plus, ceux qui le méprise, en appuyant sur un simple bouton? Qui n'a jamais voulu faire revivre à ses côtés ceux qu'il aimait, et qui avait sa préférence, en sélectionnant le bouton « Entrée »? Nous en passons tous par-là. Cette histoire nous met face aux vicissitudes qui nous accablent, et pour lesquelles nous donnerions n'importe quoi pour y mettre un terme, parfois d'une manière expéditive, mais efficace. C'est en cela qu'elle m'a plu.