Tous les romans s'inspirant de la mythologie, et de l'époque antique, seront évoqués ici.
J'ai fini hier soir « Les Invaincues », de Nathalie Haynes, traitant de la Guerre de Troie du point de vue des femmes, grecques et troyennes, déesses et simples mortelles. L'approche m'a par beaucoup rappelé celle du premier livre sur la mythologie grecque que j'avais lu enfant. Sauf que l'on découvre les états d'âme de Calliope inspirant Homère, de Pénélope attendant le retour d'Ulysse, des vies fracassées d'Hécube et de ses filles, que ce sont Zeus et Thémis qui sont à l'origine de la pomme d'or qui avait tout déclenché. Et que la guerre, dans toute époque, ce n'est jamais joli, joli. Surtout si c'est pour nous faire comprendre que nous ne sommes pas sages avec Gaia, la déesse de la terre. Raisonnement digne de Saint Seiya, j'ai pensé.
Médée, de Rosie Hewlett.
Dans cette histoire romancée de la plus populaire des sorcières de la mythologie grecque, on voit Médée d'un autre œil. Bénie du don de la magie par Hécate, parce que cette dernière s'ennuyait, elle devait également garder en respect cette part d'ombre d'elle, qui risquait de la dévorer. On apprend aussi qu'elle aurait pu subir des violences par son entourage, verbales ou non, qui n'auraient fait que vouloir encourager son désir de fuite.
À sa rencontre avec Jason, venu chercher la Toison D'Or, Médée avait fait le choix de le suivre, en dépit des avertissements d'Atalante d'abord, et de ceux de sa tante Circé ensuite. Car toutes les deux savaient très bien qui était Jason: un manipulateur, un être égoïste et cruel, qui se servait des autres pour avoir ce qu'il voulait, avant de s'en débarrasser, une fois qu'ils ne lui étaient plus d'aucune utilité. J'avais toujours vu le chef des Argonautes comme un opportuniste, cette relecture du mythe me rend raison.
Si plus jeune, je n'aimais pas Médée, à travers cette version romancée de son histoire, je la plains. Ce qui m'avait le plus attristée, c'est qu'elle avait cédé aux sirènes de la magie noire, à celles des esprits de mort, révélant toute sa noirceur, et préférant s'y complaindre, ce qui n'a fait que renforcer ma préférence pour Circé.
Circé représente la lumière, et Médée l'obscurité, les deux facettes de la magie, qui ne peuvent cohabiter ensemble.
Mouais, ça fait très : "et si la méchante elle était en fait gentille, mais qu'elle était juste méchante à cause des hommes qui sont les vilains pas beaux ? Et si en fait le gentil ben c'était le méchant ?" (toutes proportions gardées, car dans la mythologie grecque ils sont tous un peu salopards - je dresse juste une généralité).
Bref, une recette plus qu'éculée à notre époque, j'ai l'impression.