Isaak est l'un des personnages les plus intéressants de l'arc Poséidon, car il bénéficie d'un développement approfondi. Ce qui le rend marquant avant tout, c'est évidemment son lien avec Hyôga. Leur passé commun en Sibérie, sous l'entraînement de Camus, crée une base émotionnelle très forte. Isaak n'est pas juste un Marina de plus : il représente ce qu'Hyôga aurait pu devenir s'il avait sombré dans l'amertume et la rancœur.
Son basculement du côté de Poséidon est d'ailleurs assez crédible. Pendant leur entraînement, il avait confié à Hyôga son admiration pour le Kraken, et sa conception de la justice était déjà éloignée de celle de son camarade. En ce sens, c'est un antagoniste tragique plus qu'un véritable ennemi convaincu, ce qui fonctionne très bien dans Saint Seiya.
En tant que Marina, Isaak est aussi présenté comme un combattant sérieux. Sa maîtrise du froid et sa puissance globale lui permettent de tenir tête à Hyôga sans donner l'impression d'un combat déséquilibré. On sent qu'il n'est pas là pour faire de la figuration : sa Scale est magnifique, son attaque est visuellement très réussie et bien mise en scène.
C'est dommage que sa relation à Poséidon ne soit jamais vraiment approfondie. On comprend ses motivations, mais on aurait clairement gagné à le voir davantage avant le combat final, afin de renforcer encore l'impact émotionnel.
Son destin est également tragique. Étant plus fort que Hyôga, tout laisse supposer qu'il serait très certainement devenu le Bronze Saint du Cygne s'il n'avait pas eu son accident.
Concernant le doublage, la VF et la VO apportent chacune quelque chose... mais pas sans réserve. En VF, Serge Bourrier fait objectivement du très bon travail, comme souvent. Le problème, c'est surtout l'overdose : à force de l'entendre sur un nombre incalculable de personnages dans Saint Seiya, on a parfois du mal à ne pas reconnaître immédiatement la voix, ce qui peut nuire un peu à l'identité propre d'Isaak. La performance reste solide, mais le manque de variété vocale finit par se faire sentir.
En VO, le choix du seiyû est encore plus déroutant. Son interprète est tellement iconique pour son rôle de Freezer dans Dragon Ball que l'entendre sur Isaak provoque une sensation étrange, presque un décalage. La prestation est bonne, mais l'association est difficile à oublier, surtout pour les fans qui connaissent bien les deux séries.
Au final, Isaak du Kraken reste un très bon personnage secondaire, mémorable par sa relation avec Hyôga et sa dimension tragique. Il demeure l'un des Marinas les plus marquants émotionnellement de l'arc Poséidon.
Après Crystal, Camus et Hagen (plus vis-à-vis de Freiya), Hyôga doit à nouveau tuer un proche à cause des conflits et des guerres. Parfois, je me demande comment il fait pour ne pas sombrer sous le poids de toutes ces pertes, tant son parcours est jalonné de sacrifices imposés plutôt que choisis. Cette répétition de drames donne d'ailleurs encore plus de relief à son affrontement avec Isaak, comme si chaque combat le rapprochait un peu plus d'une fatalité qu'il n'a jamais souhaitée.
À propos de la VO, je ne l'aurais pas cru, mais on entend Ryūsei Nakao interpréter Isaak pour la première fois le 11 février 1989, et Freezer le 18 avril 1990 (je suis carrément allé chercher les dates de diffusion). On m'aurait posé la question, j'aurais juré l'inverse, tant son rôle de Freezer est emblématique.
Concernant Isaak lui-même, je le vois au départ comme un extrémiste, vu sa conception de la justice. Pas comme un fanatique, puisqu'il mène son combat tout en sachant que Kanon tire les ficelles, ce qui au final décrédibilise totalement l'attitude intransigeante qu'il se donne. De plus, je crois que dans toute la série, c'est le seul adulte avec Tatsumi et Arachné qui s'en prend physiquement à un gamin.* Pas brillant, pour un incorruptible.
* EDIT : Je rectifie, il y a aussi Guilty avec Esméralda, Shiva avec Hélène, Algol avec les apprentis et Forkel avec Mime. Et j'en oublie peut-être.
J'ai toujours apprécié Isaak pour son côté extrémiste justement. Il assume parfaitement son rôle quitte à s'en prendre à un gosse. Ce n'est pas glorieux mais ça fait du bien de voir ce jusqu'au boutisme.
Sa fascination pour la Kraken colle à merveille avec son futur rôle.
Bon perdant également une fois vaincu par Hyoga dans le sens où il sait reconnaître sa défaite.
Citation de: Rag le Samedi 21 Février 2026, 15:58À propos de la VO, je ne l'aurais pas cru, mais on entend Ryūsei Nakao interpréter Isaak pour la première fois le 11 février 1989, et Freezer le 18 avril 1990 (je suis carrément aller chercher les dates de diffusion). On m'aurait posé la question, j'aurais juré l'inverse, tant son rôle de Freezer est emblématique.
Ah oui, je t'avoue que je suis aussi complètement surpris. :D
Merci d'être allé chercher les dates, parce que j'aurais juré l'inverse sans hésiter une seconde.
Dans mon esprit, Ryūsei Nakao était d'abord Freezer, puis Isaak après. Tellement son interprétation de Freezer est devenue iconique qu'elle écrase presque le reste de sa carrière. Du coup, apprendre qu'il a doublé Isaak plus d'un an avant, ça fait bizarre.
Comme quoi, la perception qu'on a des rôles dépend énormément de leur impact culturel. Freezer a marqué toute une génération, alors qu'Isaak reste un personnage secondaire, même s'il est fort en intensité. Ça explique sans doute pourquoi on inverse instinctivement l'ordre.
En tout cas, ça rend son casting sur Isaak encore plus intéressant avec le recul.
Quand je pense à Isaak, je pense immédiatement à son admiration assumée envers le Kraken, cette créature mythique marine redoutée des marins, qui punissait sans états d'âmes, ceux qui avaient à ses yeux commis le mal.
Son affiliation avec Poseidon n'est jamais sans me rappeler un autre Kraken, au service du même Dieu dans le Choc Des Titans classique, qui avait détruit la cité d'Argos, après que le roi de cette dernière eut provoqué la colère de Zeus. Le Kraken du film classique, reflétait très bien cette volonté dite extrémiste, que l'on peut reprocher avec raison à ce Marina, dans le cycle dédié au Dieu Des Mers.
Le fait qu'il s'en soit pris à un enfant me fait toujours grincer des dents: les enfants sont l'avenir pour beaucoup d'autres divinités, tel que Tezcatlipoca chez les Aztèques et les Mayas, et Athéna chez les Grecs, par exemple. L'indifférence de Poseidon à ce moment-là, comme si un enfant de plus ou de moins, qu'est-ce que cela changerait? Je peux concevoir qu'il puisse avoir été en colère, être prêt à nous faire boire la tasse...mais là, non et non!
Et qu'Isaak ait blessé Hyôga pour égaliser le score, ne m'en parler pas. Cela ne l'avait pas grandi à mes yeux, au contraire. Cela n'avait fait que renforcer mon souhait qu'il soit remis à sa place par son rival. L'idée qu'il aurait pu devenir le Chevalier Du Cygne, au lieu de Hyôga, sachant sa vision des choses, me donne des frissons. C'est pourquoi je suis heureuse que cela soit Hyôga qui le soit. Il n'est peut-être pas parfait, a ses qualités et ses travers, mais ne veut jamais faire de mal à qui que soit.
Citation de: Samantha Rosenwood le Samedi 21 Février 2026, 18:44L'idée qu'il aurait pu devenir le Chevalier Du Cygne, au lieu de Hyôga, sachant sa vision des choses, me donne des frissons. C'est pourquoi je suis heureuse que cela soit Hyôga qui le soit. Il n'est peut-être pas parfait, a ses qualités et ses travers, mais ne veut jamais faire de mal à qui que soit.
Je comprends totalement ton point de vue, surtout quand on voit jusqu'où Isaak pousse sa vision de la justice une fois devenu Marina. C'est clair que l'idée d'un Cygne aussi radical peut faire froid dans le dos.
Après, je me demande justement si le contexte n'aurait pas tout changé. Si Isaak était devenu le Chevalier du Cygne à la place de Hyôga, il aurait grandi au contact de Saori, de Seiya et des autres Bronze. Or on voit bien que ce groupe joue un rôle énorme dans l'évolution de chacun : Seiya par son obstination, Shiryû par son sens de l'honneur, Shun par sa compassion... et même Saori, qui incarne une forme de justice bien différente de celle, punitive, qu'Isaak admire.
Je pense qu'Isaak n'est pas "mauvais" par nature. Il est rigide, idéaliste et extrême dans sa conception de la justice, oui. Mais placé dans un environnement différent, avec un cadre affectif plus stable et un idéal moins radical que celui de Poséidon, il aurait peut-être évolué autrement. Un peu comme Hyôga, qui commence lui aussi très froid et centré sur sa douleur avant de s'ouvrir progressivement.
Au fond, la vraie question, c'est peut-être : est-ce qu'Isaak est devenu ce qu'il est à cause de sa nature... ou de ses circonstances ? Et là-dessus, je ne suis pas sûr que la réponse soit si tranchée.
Pour ma part, je crois que Isaak fait partie des Généraux que j'aime le moins. Il m'a toujours laissé indifférent.
Même gamin, je trouvais déjà que son histoire passée avec Hyoga était insérée au forceps. Un vilain goût de retcon pas naturel.
Et puis, en plus de tout ça, je le trouve faible. Même si, il est vrai que le coté "rushé" de l'arc Poséidon n'aide pas à avoir un affrontement développé.
Ce qui m'a un peu frustré avec Isaak, c'est son attaque. L'Aurore Boréale, c'est cool sur le papier, mais en pratique, ce n'était qu'une sous-Aurora Execution. Et dans la mesure où Hyoga avait déjà maîtrisé le froid ultime, dès lors qu'Isaak combattait lui aussi avec des attaques de froid, c'était plié, y avait pas trop de suspense, le cygne n'en ferait qu'une bouchée quand il l'aurait décidé.
Ça aurait été sympa que l'AB soit une véritable attaque de lumière (y aurait eu une cohérence là-dedans en plus, ça n'aurait pas été déconnant qu'Isaak prenne ses distances avec l'enseignement qu'il a reçu).
L'histoire est jolie en tout cas. Et j'aime bien cette dualité chez Isaac : extrêmement rigoureux et intransigeant jusqu'à la cruauté, mais prompt à sauver son ami quoi qu'il en coûte, même si celui-ci a pris un risque insensé. Idem durant l'affrontement ; Isaak a tout tenté pour stopper Hyoga et Kiki, mais quand il échoue, on le sent limite soulagé que Hyoga l'ait surpassé et que ce soit la conception de la justice la moins radicale qui l'ait emporté.