L'Empereur protège (les livres Warhammer 40000)

Démarré par cacaman, Vendredi 20 Juin 2025, 10:37

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cacaman

#20
J'ai fini le tome 8, "La Bataille des Abysses".

Pas mal. On retrouve un schéma narratif plus classique, et l'intrigue est plus axée sur le combat ; ce n'est pas ce que je préfère dans Warhammer 40k (ce qui semblerait étrange pour quelqu'un ne connaissant pas cet univers).

Le roman se situe au même moment que la fin du tome 5, après la bataille d'Isstvan V, mais ailleurs dans la galaxie, et se concentre sur 2 équipages de vaisseaux se tirant la bourre.
D'un côté nous avons le vaisseau Furious Abyss, construit en secret sur une lune éloignée de Jupiter par le Mechanicum (construction sans doute démarrée dès le retour d'Horus du Delphos de Davin, lorsqu'il s'assure de la  fidélité du Fabricator General), et mené par une compagnie de Word Bearers (la XVIIème Légion)...
Et de l'autre le vaisseau Wrathful, constitué de bric et de broc, d'alliances de circonstance entre les Ultramarines (XIIIème), les Space Wolves (VIème), les World Eaters (XIIème), et un capitaine esseulé des Thousand Sons (XVème). Le Furious Abyss est soupçonné d'avoir éliminé un navire Ultramarine, et le Wrathful part à sa poursuite malgré un écart de puissance phénoménal entre les deux appareils (à la défaveur du Wrathful), pour découvrir avec horreur que les Word Bearers ont bel et bien trahi l'Empereur, et se sont retournés contre leurs frères Astartes - on en déduit donc des complicités au sein du Mechanicum. A ce moment-là, personne dans cette région de la galaxie n'est encore au courant de la dévastation d'Isstvan V.

L'histoire est néanmoins intéressante pour plusieurs raisons. On apprend des trucs sur le fonctionnement religieux des Word Bearers, sur les capacités de psykers des Thousand Sons (et de leur Primarque Magnus le Rouge), sur le mode berserker des World Eaters, etc. Pour moi les meilleurs moments sont les frictions idéologiques entre les passagers Astartes du Wrathful, surtout lorsque les apparitions du Warp s'en mêlent. Entre Mhotep, capitaine Thousand Son aux grands pouvoirs psychiques, et Brynngar, capitaine Space Wolf colérique rétif à toute forme de sorcellerie, se tient Cestus des Ultramarines, tenant de ménager la chèvre et le chou.
Le passage où Skraal, capitaine World Eater, réussit à s'infiltrer dans le Furious Abyss et menace les Word Bearers de dévoiler leur traîtrise au Maître de Guerre, est également savoureux : on observe un World Eater loyaliste ignorant totalement le retournement de son propre Primarque. Il aurait presque été plus prenant encore qu'il découvre la vérité et qu'il soit en proie au doute concernant tous les Astartes des légions renégates : suivre l'Empereur ou suivre son Primarque?

Le reste se résume un peu trop souvent en bastons, soit spatiales, soit terrestres, avec des tirs fusant dans tous les sens et des armes-tronçonneuses déchiquetant tout ce qui passe à portée.
J'imagine que ce livre est simplement un prélude à la bataille de Calth, qui opposera les Word Bearers, les corrompus originels, aux Ultramarines, les loyalistes-paladins.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

#21
Suite!

Tome 9 : Mechanicum

C'était un roman dont j'attendais beaucoup. Depuis le début de ma plongée dans l'univers WH40K, le Mechanicum restait une faction pleine de mystères. Son histoire à travers les millénaires me semblait palpitante. Le Mechanicum est donc cette organisation vivant sur l'entièreté de la planète Mars, et l'ayant transformée en monde-forge, là où tout le matériel technologique est conçu pour fournir la Grande Croisade de l'Empereur en vaisseaux, armures, armes, etc.
D'après ce que j'ai compris, durant l'Ere des Luttes, Mars a plongé dans la guerre civile durant 5000 ans, et la science et la technologie se sont effritées. Les adeptes se sont mis à perpétuer les méthodes de fabrication sans en saisir les origines ni le fonctionnement, et à vénérer "Le Dieu Machine" ou "L'Omnimessie". La religion a -encore- une place énorme ici. L'Empereur de Terra, pourtant désireux de faire prospérer l'athéisme et la froideur scientifique dans la galaxie, décide de laisser à Mars sa liberté de culte car il a trop besoin de ses services.

Le roman possède plusieurs angles, mais on suit principalement la Terrienne Dalia Cythera, transcriptrice de l'Administratum, mutée sur Mars car soupçonnée par une puissante adepte, Koriel Zeth, de pouvoir retrouver certaines méthodes scientifiques perdues simplement par déduction et par "instinct". Au cours d'une expérience ratée, elle apprend fortuitement et de façon assez mystique, l'enfermement d'une créature très ancienne sous la surface de Mars.
Parallèlement, le chef des forges de Mars, le Fabricator General Kelbor Hal accède à l'offre de corruption du Maître de Guerre Horus. Ce dernier propose notamment à Kelbor Hal le code d'entrée de la crypte interdite de Moravec, qui fut scellée par l'Empereur au moment du traité d'union entre Mars et Terra, en échange de la fourniture de matériel à destination des légions rebelles.

Bon, j'ai mis plus de temps à lire ce livre. Je l'ai trouvé ardu. Les longues descriptions de technologies, le passage en revue de différentes légions de Titans (avec des noms de pilotes, des noms de machines, des noms de forges, etc), et surtout une corruption de Kelbor Hal qui arrive immédiatement. Le mec ne fait même pas mine de résister un peu à l'offre d'Horus. Certains passages jouent bien avec le suspense, et d'autres batailles censées être épiques m'ont ennuyé (celle de la fin surtout), puis je n'ai pas trouvé les personnages spécialement attachants. Assez déçu donc. Je m'attendais vraiment à un truc exceptionnel, vu comment les précédents tomes m'avaient teasé sur Mars.
Par contre, bon point, la révélation sur la quête de Dalia à propos de cette "créature" constitue une étape très importante du lore.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

#22


Tome 10 : "Chroniques de l'Hérésie"

Je m'attendais à lire une suite de l'histoire, ou un flashback avec un autre point de vue, et c'est finalement un recueil de nouvelles. Honnêtement, j'étais prêt à le passer pour attaquer le tome suivant, "Les Anges Déchus", qui, je le sais maintenant, constitue la suite directe du tome 6 sur les Dark Angels, la 1ère Légion de l'Empereur de l'Humanité.
Mais bon... pris d'un remord, je m'y suis collé quand même. Et j'ai plutôt bien fait.


La 1ère nouvelle, "Parties de Chasse", place l'intrigue au sein de la légion des Custodes. Les Custodes ne font pas partie des Astartes des 18 Légions connues (20, moins 2 effacées des tablettes) lancées dans la Grande Croisade galactique. C'est la garde rapprochée de l'Empereur, basée sur Terra, dans son palais himalayen. Amon, l'un des Custodes, soupçonne un politicien de Terra d'espionnage pour le compte d'Horus, et décide de se rendre dans son administration brésilienne sous une fausse identité afin d'en avoir le coeur net. Sans le savoir, il s'apprête à faire une grosse connerie.
Sympa à lire, car c'est la première fois que les auteurs développent un minimum les Custodes depuis le début des romans de l'Hérésie d'Horus. Ils sont auparavant simplement évoqués dans une vision, lorsque Horus est inconscient dans le Delphos de Davin (Tome 2 "Les Faux Dieux"). Cette 1ère nouvelle se place facilement dans la chronologie, forcément après Isstvan V, lorsque le Primarque Dorn commence à fortifier le palais de l'Empereur.


La 2ème, "Dans la Gueule du Loup", présente une compagnie de Space Wolves (6ème Légion) qui va tenter de sauver les humains d'une planète abandonnée depuis la Longue Nuit ; en effet, ces derniers sont devenus pourvoyeurs de chair fraîche pour le compte d'une bande d'Eldars corrompus et dévoués à Slaanesh. Régulièrement, les Eldars prélèvent dans la population un tribut destiné à être torturé à mort pour le bon plaisir de leur chef. Cependant, le but premier des Space Wolves n'est pas de sauver ces pauvres hères par bonté d'âme, mais bien de réclamer leur planète au nom de l'Empereur de l'Humanité et de les intégrer de gré ou de force au sein de l'Imperium...
Très sympa à lire aussi. Le tome 8 nous apprenait déjà quelques trucs sur la 6ème Légion, donc ici on consolide un peu nos connaissances de ces vikings de l'espace, tout en rencontrant pour la première fois des Eldars corrompus ; les Eldars qui affrontent Fulgrim dans le tome 5 étant quant à eux plutôt sains d'esprit (contrairement à Fulgrim :dawa1). Dans la timeline, cette nouvelle précède l'attaque des Space Wolves sur Prospero, le monde du Primarque Magnus le Rouge.


La 3ème est vraiment super intéressante. "Les Descendants de la Tempête" est un flashback, qui nous ramène probablement juste après la destruction de Monarchia par l'Empereur, pourtant considérée comme une "cité parfaite" par Lorgar, son fils de la 17ème Légion, ainsi violemment puni (avec quelques dommages collatéraux...) pour son idolâtrie, étant le seul considérant son père comme un dieu, de manière ouverte. Il revient totalement déconfit parmi ses Word Bearers et s'isole durant des jours pour méditer sur la honte ultime infligée par son créateur. Le lecteur assidu ayant lu les tomes précédents, saura immédiatement que les Word Bearers sera la Légion par laquelle l'Hérésie prendra forme et ciblera Horus, le fils favori de l'Empereur, pour lui retourner le cerveau.
L'histoire ici, se concentre sur un capitaine Word Bearer, Sol Talgron, qui découvre en pleine guerre de soumission d'une planète d'humains isolés, que ses habitants vénèrent en réalité l'Empereur de l'Humanité comme un dieu. Et il n'est pas prêt d'oublier les décisions de son Primarque Lorgar, son 1er capitaine Kor Phaeron et son chapelain Erebus (tiens tiens!).


4ème nouvelle, "La Voix", se concentre sur les Soeurs du Silence et plus précisément Amendera Kendel, chevalier de l'Oubli, présente au début et à la fin de l'excellent tome 4. L'histoire se place directement après les évènements sur Luna en compagnie de l'escouade du capitaine Garro. Nous retrouvons donc Kendel, qui doit partir à la recherche d'un Vaisseau Noir disparu dans le Warp ; c'est ainsi l'occasion pour l'auteur de développer le lore des Soeurs du Silence, leurs serments, leur hiérarchie, leurs vaisseaux, pendant plusieurs pages :onionlove
Au final, très intéressante lecture pour ses explications, car l'histoire en elle-même est assez sommaire, même si une adaptation à l'écran pourrait donner un truc vraiment flippant une fois que les Soeurs commencent à explorer l'épave du Vaisseau Noir... Le final a également un côté Lovecraftien, lorgnant vers Yog-Sothoth ("Je suis le portail, le messager et le message", on peut difficilement faire plus explicite comme hommage).


La 5ème nouvelle, intitulée "L'appel du Lion", oppose deux capitaines des Dark Angels concernant le sort à réserver à une planète humaine d'un système perdu entre 2 bras de la galaxie. Le premier capitaine, vétéran natif de Terra et ayant combattu aux côté de l'Empereur à l'aube de la Grande Croisade, souhaite prioriser le dialogue et économiser toute guerre inutile, arguant qu'un monde conquis par la force brute se transforme en poudrière et peinera à devenir loyal à l'Empereur. Le second, plus jeune et fougueux, natif de Caliban et ayant combattu auprès du primarque Lion El'Jonson, ne s'embarrasse pas de ces questions qu'il faut laisser aux politiques et aux diplomates de l'Imperium ; lui, il est là pour soumettre en utilisant toute la force de frappe de la légion Astartes. Quelle doctrine l'emportera face aux évènements à venir?
La nouvelle est courte et plaisante à lire, et outre l'intrigue principale, aborde un problème qui semble récurrent dans certaines légions : la rivalité pouvant exister entre les Astartes conçus sur Terra à partir de l'ADN des primarques et dirigés par l'Empereur avant sa retraite inexpliquée, et les Astartes conçus sur les planètes adoptives des primarques, qui eux semblent davantage dévoués à leurs primarques respectifs qu'à un Empereur entr'aperçu au moment des retrouvailles. Les premiers reprochent aux seconds d'être inexpérimentés, alors que les seconds soupçonnent les premiers d'en nourrir un sentiment de supériorité mal placée.


La 6ème nouvelle est un peu ratée. "La dernière église" raconte comment la dernière église (ha) de Terra a été rasée par l'Empereur, juste avant la création des Primarques dans le laboratoire secret. Un agent de l'Imperium accompagné de guerriers Tonnerre, les ancêtres des Astartes, débarquent sur place et le mystérieux agent converse avec le prêtre dans le but de le détourner de sa croyance (l'Empereur souhaitant une société unifiée athée et tournée vers les sciences dures). S'ensuit une conversation métaphysique sur les bienfaits et les préjudices des religions. Le niveau est plutôt "café du commerce", et l'identité secrète de l'agent de l'Imperium est cousue de fil blanc. À oublier.


La 7ème et dernière nouvelle "Après Desh'ea" est assez sympathique car elle donne pas mal de renseignements sur la découverte d'Angron, le primarque perdu de la 12ème légion. Il ne s'y passe pas grand chose, c'est surtout un flashback sur le dialogue entre Khârn, capitaine des War Hounds né sur Terra, et Angron, après que ce dernier fut téléporté par l'Empereur sur le vaisseau destiné à être le sien. Angron est un primarque totalement incontrôlable, ayant passé le plus clair de son temps sur son monde adoptif en tant qu'esclave/gladiateur. Il ne comprend pas ce qu'il se passe : sa planète a été assiégée par l'Empereur et ses gardes Custodes, ses camarades de l'arène ont été tués, ses geôliers également, c'est un pur berserker ayant perdu le peu de repères qu'il avait, et décide de passer toute sa fureur sur les capitaines War Hounds qui vont essayer de lui expliquer le pourquoi du comment, un par un. Khârn (que l'on a déjà croisé au détour de quelques paragraphes dans des tomes précédents) est celui qui lui résiste le plus longtemps et qui parvient à établir une discussion, toujours sous la menace d'un accès de rage d'Angron vienne lui ôter la vie en un claquement de doigts.
Pas vraiment de mystère ici, puisqu'on sait de Khârn va survivre, et que les War Hounds se rebaptiseront les World Eaters. L'intérêt réside dans la révélation du background d'Angron.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

Tome 11 : "Les Anges Déchus"

Suite directe du tome 6.

Citation de: cacaman le Samedi  2 Août 2025, 10:54Je viens de finir "Le retour des Anges", le tome 6 de l'Hérésie d'Horus.
Roman agréable qui nous renseigne sur la vie d'un Primarque lorsque celui-ci était sur son monde adoptif, avant que l'Empereur n'arrive pour lui révéler sa véritable origine. Ici, nous suivons l'évolution de Lion el'Jonson sur la planète Caliban, alors qu'il a réussi à prendre la tête d'un ordre de chevalerie. Caliban a été une colonie humaine lors de l'Âge de la Technologie, et s'est retrouvée comme toutes les colonies humaines, coupée de tout lien avec Terra durant les tempêtes warp de la Longue Nuit (environ 5000 ans). Le Lion n'est donc absolument pas conscient de sa lignée directe avec l'Empereur de Terra, berceau de l'humanité remontant à tellement loin que les habitants de Caliban en viennent à penser que c'est une simple légende au fil des générations.
Et puis débarque la Grande Croisade dirigée par l'Empereur himself. C'est d'ailleurs pour l'instant le seul moment des 6 premiers tomes qu'une rencontre entre l'Empereur et ses sujets est décrite.. l'espace de 2 pages. C'est maigre mais emphatique. Le Lion baptise alors sa légion les Dark Angels, constituée d'Astartes venant de Terra, et d'autres provenant des meilleurs chevaliers de Caliban, subissant ainsi les transformations chirurgicales et génétiques adéquates.

Le personnage principal est Zahariel, chevalier de Caliban, qui se découvre des pouvoirs psychiques - c'est donc ce qu'on appelle dans le lore de WH40K un "psyker". Le problème étant que les psykers sont plutôt mal considérés, voire craints, voire haïs ; alors même que la Grande Croisade en a besoin pour naviguer dans le warp et transmettre des messages télépathiques via les Navigateurs et les Astropathes.
Sympa à lire, mais la fin est un peu abrupte, et finalement c'est une addition à l'intrigue principale. Contrairement aux précédents tomes, celui-ci ne la fait pas du tout avancer. C'est ma principale déception. Donc à lire pour enrichir sa connaissance de la 1ère Légion, les Dark Angels, mais pas indispensable à la compréhension des enjeux de l'Hérésie d'Horus.

Le tome 6 se terminait donc soudainement après que Zahariel et Israfael, 2 psykers Astartes, ait sauvé la mise à tout le monde (y compris leur primarque Lion el'Jonson) sur la planète Sarosh. Et d'une façon énigmatique, le Lion décide de les renvoyer sur Caliban avec son second, Luther, officiellement pour former de nouvelles recrues... mais cela ressemble à une mise au placard en bonne et due forme.

Le tome 11 s'articule autour de 2 lieux de narration : d'un côté, nous suivons le Lion venir en aide de Diamat, un monde-forge du Mechanicum ciblé par Horus, ce dernier voulant récupérer d'immenses canons de siège en vue de son attaque de Terra. D'un autre côté, l'action se passe sur Caliban, où l'on suit Zahariel et Luther dans un train-train de formations d'Astartes, soudain perturbé par une rébellion venant d'anciens Chevaliers de l'Ordre Calibanite. Cette rébellion va révéler la tenue d'un rite magique destiné à invoquer une créature antédiluvienne au moyen de sacrifices humains, et la découverte de cette cérémonie va enclencher une suite d'évènements que Zahariel ne pourra empêcher, malgré sa loyauté envers l'Imperium.
Le tome narre donc dans le détail la naissance d'un schisme au sein des Dark Angels, mais souffre d'un gros défaut : d'un chapitre à l'autre, il passe de Diamat à Caliban, puis Diamat, puis Caliban, etc, jusqu'à la fin.

Les passages sur Diamat sont, je le dis, chiants pour les trois quarts. Seuls les rapports entre Nemiel et le Lion, puis la phase d'infiltration de Nemiel et sa clique, et la révélation de leur découverte, m'ont stoppé dans ma lecture en diagonale de bastons dont je me contrefous. L'issue de la bataille et ses conséquences pour la suite de l'histoire sont intéressantes, et résumées dans l'épilogue. Le Primarque de la 1ère Légion est décidément un personnage intriguant et ambigu, cet aspect de sa personnalité n'étant malheureusement qu'effleuré. J'en saurai sans doute davantage plus tard.

Par contre, les passages sur Caliban sont prenants et complexes. L'enchaînement des faits, des raisonnements, des décisions, des uns et des autres, est très subtil et méticuleusement agencé. Si bien qu'à la fin du roman, on a vraiment l'impression que rien n'était évitable, et que tout était imbriqué pour déboucher sur la sécession de Caliban avec l'Imperium. L'architecture binaire du roman switchant d'un lieu à l'autre (sans aucun lien narratif entre les deux) n'a fait qu'assombrir le déroulement ; à cause des coupures concernant Diamat, il m'est arrivé quelques fois de revenir en arrière pour bien me remettre certaines choses en tête. Il aurait mieux valu faire une partie 1 centrée sur Diamat et une partie 2 sur Caliban.

Au final bonne lecture, mais rendue inutilement bancale.
Il n'est pas impossible que je doive relire les évènements de Caliban lorsque les conséquences de la dissidence de Luther pèseront sur le cours de l'histoire à venir.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

Le Passant

C'est bancal parce que cet événement, le schisme, est le seul point de lore des Dark Angels depuis 30 ans. Il y a eu tellement d'écrits dessus, se contredisant parfois, avec toujours la volonté de lâcher des miettes tout en restant mystérieux que ça a nécessairement rendu l'exercice de rédaction desdits événements, cette fois au présent, difficile si ils voulaient rendre le tout un minimum cohérent.

On verra si ils osent un jour s'attaquer aux deux Primarques perdus, là aussi avec toutes les miettes qu'ils ont laissées...

cacaman

#25
En tout cas, si le roman avait été écrit en 2 parties, je n'aurais pas trouvé ça bancal. La partie sur Caliban est très bien traitée, je l'ai trouvée passionnante et bien ficelée, c'est juste qu'il faut lire tous les chapitres impairs d'un côté, puis tous les chapitres pairs de l'autre :aie

Tiens, puisque tu as l'air de réagir quand ça parle des Dark Angels, il y a la chaîne youtube Indomitus 40k qui a lâché une première partie mastoc de 3h40 sur cette Légion. Je ne l'ai pas encore regardée mais cette chaîne c'est du caviar pour le lore WH40K. La chaîne de L'Archiviste Errant est excellente aussi.


Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

Pour ceux que ça intéresse, j'ai totalement refait le 1er post de ce fil, avec un résumé en images des évènements précédant l'Hérésie d'Horus. C'est la version développée et illustrée de ma 1ère tentative.
Avec ça, vous aussi vous êtes refaits :))
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Nietzsche

cacaman

Tome 12 : "Un Millier de Fils".

Gros roman, qui fait presque la moitié du tome IV de l'Hérésie d'Horus.
Comme ceux qui suivent mes explications depuis le début l'auront deviné (*écho*), "un millier de fils" est la traduction de "A Thousand Sons", qui est littéralement le nom de la XVème Légion de Space Marines. Ce roman va donc se pencher dessus (bien vu).

Excellent livre. On démarre avec un gros retour dans le passé, à l'époque où Magnus le Rouge, le primarque de la XV, se plonge dans ses expériences paranormales afin de mieux connaître le Warp. Il entraîne avec lui l'intégralité de sa légion, qui, particularité génétique, est uniquement composée d'Astartes Psykers. Ceux-ci sont divisés en cultes, ayant chacun leur spécialité (maîtriser les éléments, télékynésie, préscience, télépathie, etc). Aussi, les commémorateurs invités chez les Thousand Sons sont triés sur le volet : seuls sont pris ceux ayant des aptitudes (découvertes ou cachées) pour les pouvoirs psychiques. Donc vous voyez le tableau, la XVème Légion navigue ouvertement en eaux troubles vis-à-vis du crédo impérial, normalement très frileux concernant les psykers. La politique à ce moment-là consiste à les entraîner dans des librariums afin de canaliser leurs capacités ; les plus rétifs sont éliminés par la Sororité du Silence (voir tomes 4 et 10).
Mais les Thousand Sons prennent beaucoup de libertés, ce qui déclenche chez d'autres légions une certaine méfiance, voire une inimitié pesante, notamment chez la Death Guard (XIV) et les Space Wolves (VI).

Le roman a donc parfois un côté mystique un peu perché lorsqu'il s'agit de décrire les voyages spirituels de personnages dans l'Immaterium ; ça m'a un peu dérangé mais c'était très supportable. Son gros point fort, par contre, est qu'il nous GAVE de lore!
La première partie se focalise sur la présentation de cette légion, de ses aptitudes surnaturelles, de 3 commémorateurs au rôle secondaire mais attachants, et des frictions à peine retenues avec les Space Wolves de Leman Russ. On assiste ensuite au Triomphe d'Ullanor (voir 1er post du fil) d'une manière beaucoup plus détaillée que dans les précédents tomes (qui ne font que l'effleurer), et surtout, au Concile de Nikaea! Evènement majeur dans l'histoire de la Grande Croisade, que les novices peuvent zapper momentanément, mais qui revient encore et encore dans les dialogues (donc forcément, on finit par s'y pencher). Magnus, en compagnie de son fidèle capitaine Ahriman, pense d'abord assister à un débat sur l'utilisation de la magie dans l'Imperium, mais s'aperçoit qu'il s'agit en fait de son procès en place publique et de son humiliation en 4K par l'Empereur devant certains de ses frères primarques goguenards... Les librariums seront démantelés, et des chapelains seront affectés à chaque Légion pour vérifier que la sorcellerie d'y a pas cours.
(Sur une note un peu critique, je m'attendais quand même à mieux du discours de Magnus pour plaider sa cause, discours qui ne fait que régurgiter l'allégorie de la caverne de Platon ; l'auteur aurait pu prendre davantage de risques)

C'est alors que Magnus doit faire un choix : continuer en secret ses expériences interdites comme l'y pousse sa nature, ou se conformer à l'édit de Nikaea et ne plus utiliser le Warp comme source d'énergie psychique. Le problème est qu'il découvre la trahison d'Horus grâce à ses pouvoirs, et tente de le sauver de la ruse des Dieux du Chaos en pénétrant ses visions lorsqu'il est entre la vie et la mort dans le Delphos de Davin (cf tome 2, première fois où on lit des choses sur Magnus sans savoir qui il est). Que faire? Avertir l'Empereur et par là même prouver sa désobéissance?

Magnus est un primarque loyal, pétri de bonnes intentions pour l'Imperium de son père, mais sa soif de connaissances et son sentiment de maîtrise absolue du Warp vont le lancer sur une voie faite d'embûches qui le mèneront au désastre.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

#28


Tome 13 : "Némésis".

Très bon roman, qui m'a pris plus de temps qu'à l'accoutumée, puisque j'ai geeké sur Expédition 33 comme un gros débile donc fatalement les plages de lecture se sont rétrécies.

A l'instar du tome 11, le livre se découpe en deux parties distinctes ayant lieu dans deux endroits totalement différents, et le lecteur passe de l'une à l'autre au sein des chapitres. Mais au moins cette fois, les deux intrigues se rejoindront. Ouf. Par contre, le nombre de personnages augmente, il va falloir suivre.
La première partie commence comme une enquête policière horror/SF. Des cadavres atrocement mutilés sont retrouvés sur la planète Iesta Veracrux, et deux inspecteurs (Yosef Sabrat et Daig Segan) sont chargés de résoudre ce mystère et choper le responsable. Sans trop spoiler, il s'avère que non seulement ce sadique derrière ces boucheries est d'un genre unique dans l'univers de WH40k, le seul de son espèce, un "paria noir" métamorphe (cf la notion de paria abordée dans le tome 4 et la 4ème nouvelle du tome 10), mais qu'il ne tue pas gratuitement car affecté à une mission de la plus haute importance.
La seconde partie se concentre sur l'organisation nommée l'Officio Assassinorum, qui opère dans les ombres du palais impérial de Terra. Six écoles d'assassins (les "Temples") s'allient sous la houlette de Malcador le Sigillite, régent de Terra et bras droit de l'Empereur, et forment une A-Team avec leurs meilleurs éléments. Ainsi s'associeront un sniper d'élite, une empoisonneuse, une machine à tuer au corps à corps (c'est le personnage de la couverture de ce tome V), un spécialiste de l'information, une métamorphe et une paria. Leur objectif? Assassiner Horus.

La première partie se suit très bien, très agréable à lire.
La seconde est plus laborieuse pour 2 raisons : premièrement, il faut intégrer le nom des temples et leurs fonctions, car les assassins recrutés seront désignés soit par leur nom, soit par leur fonction, soit par le nom des temples auxquels ils appartiennent, donc au départ ça complique considérablement la lecture (le plus simple est de faire un tableau et s'y référer). Et deuxièmement, l'histoire de cette seconde partie se limite d'abord à narrer comment l'équipe se forme petit à petit, en allant chercher un par un ses membres. Cela permet certes de décrire les aptitudes de chacun, en situation où elles sont utilisées au mieux, mais d'un autre côté l'intrigue n'avance pas réellement. Cette seconde partie ne décolle vraiment qu'au moment où on s'aperçoit que cette troupe pas forcément ravie de travailler ensemble rencontrera fatalement le paria noir de la première partie...
Autre détail appréciable, les origines du paria noir sont expliquées.

Donc au final très bon livre, avec encore un large pan dédié aux adeptes du Lectio Divinitatus (ou Lectitio Divinatus, les deux termes apparaissent indifféremment dans les romans pour décrire la même chose) ; je m'aperçois d'ailleurs que je n'en ai pas encore parlé dans ce topic. C'est tout simplement une sorte de Bible clandestine affirmant, en dépit de la loi impériale interdisant toute religion (hormis celle de Mars, cf 1er post), que l'Empereur est bel et bien un Dieu. L'origine de cette bible est connue à ce point-là de l'histoire, et sera certainement détaillée dans un autre roman ("Le Premier Hérétique", peut-être?), et partout dans l'Imperium, des congrégations secrètes se forment pour vénérer l'Empereur.
Bref, c'est un bon mélange : de l'action, du calcul, de la croyance, un paria noir décidément complexe et unique dans ses capacités, et des assassins essayant de cohabiter dans le but suprême de stopper l'avancée d'Horus vers Terra.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

#29
Tome 14 : "Le Premier Hérétique".

Excellent excellent :dawa1
Jusqu'ici, dans les romans, les Word Bearers ont juste servi de légion antagoniste par laquelle la corruption se diffusait dans le reste des légions Astartes. Leur 1er chapelain Erebus tout particulièrement, vil traître, calculateur, comploteur, ayant réussi à retourner Horus contre son père. Dans le 8ème roman, ce sont juste des saligauds fanatiques. Dans une nouvelle du 10ème roman, seul le capitaine Sor Talgron semble avoir encore un sens de l'honneur. Mais ils n'ont pas toujours oeuvré contre l'Imperium.

Ce 14ème roman détaille comment les Word Bearers furent les premiers à céder aux sirènes du Chaos. Donc énormément de lore, d'introspections, et de manoeuvres en coulisses. Le Primarque de la XVIIème légion Lorgar Aurelian est enfin décrit méticuleusement dans de nombreuses scènes : son passé, ses espoirs, ses désirs, son caractère. Son refus d'être un soldat, sa volonté d'ériger des civilisations, et sa foi inébranlable en l'Empereur-Dieu. Jusqu'au jour où tout bascule sur la planète Khur, dans sa capitale Monarchia : le roman commence par là, directement par l'anéantissement de la cité parfaite par la Légion XIII sur ordre de l'Empereur en personne, et l'humiliation de Lorgar devant toute sa légion par son père.

Le roman suit un capitaine Word Bearer, Argel Tal, son chapelain, Xaphen, et la 7ème compagnie du Serrated Sun, un chapitre de la Légion XVII. La destruction de Monarchia et la punition publique de Lorgar ont un impact dévastateur sur les Word Bearers, rendus soudain déboussolés par ce violent rejet de leur foi... par l'objet même de leur foi. Le suspense est absent du roman, car dès le tome 2 "Les Faux Dieux", on sait que les Word Bearers finiront par vriller. Mais tout son intérêt est d'assister, aux premières loges, à ce crash au ralenti.
Argel Tal est un personnage attachant, ni un héros, ni un enfoiré, qui se retrouve embarqué dans cette lente catastrophe dirigée par un Lorgar Aurelian se montrant finalement empathique et fragile à bien des égards. Pas étonnant que les dieux du Chaos l'aient choisi comme point d'entrée dans le coeur de l'Humanité.

J'aurais 2 ou 3 reproches à faire à l'auteur, comme par exemple cette curieuse insertion de paradoxes temporels lors d'une vision déclenchée par un démon (c'est très succinct, et on pourrait arguer que les Astartes sous son influence ont peut-être juste l'impression de pouvoir changer le futur). Ou alors sa narration chronologiquement inutilement compliquée durant la deuxième partie du livre.
Mais globalement c'est prenant et rajoute une grosse couche de lore bienvenue, venant éclairer cette légion cantonnée jusqu'alors au rôle des méchants pas gentils. On raccroche les wagons avec la soumission de 47-16 (la planète au centre de la nouvelle du 10ème roman ; on observe une petite incohérence entre les 2 auteurs, d'ailleurs, c'est rigolo), on poursuit avec le "Pélerinage" de Lorgar, à la découverte des vérités cachées de l'univers, et on termine (évidemment) sur le champ de bataille d'Isstvan V - le point de rencontre scénaristique incontournable de cette première phase de l'Hérésie d'Horus.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

Tome 15 : "Prospero Brûle".

Les ouvrages se suivent et ne se ressemblent pas, j'ai mis 1 mois et demi à arriver au bout de ce roman laborieux. Déjà le plot de ce livre s'engageait mal puisqu'il est censé retracer l'inimitié entre les Thousand Sons (XV) et les Space Wolves (VI), mais vu du côté Space Wolves. Bonne nouvelle, ce n'est pas une redite du roman "Un Millier de Fils".
Mauvaise nouvelle, il y a une totale absence d'intrigue pendant quasiment les 2 tiers du livre  :aku1

L'histoire part sur Kasper Hawser, un commémorateur envoyé sur Fenris, la planète adoptive de Leman Russ, Primarque de la VIème légion. Après avoir échappé au massacre car considéré comme mauvais présage par une tribu locale (à cause du crash de son vaisseau), il est recueilli par la 3ème compagnie des Space Wolves, qui l'engage comme scalde. Problème : sans le savoir au départ, il est resté en stase sur Fenris pendant genre 50 ou 60 années standard suite à son sauvetage. Et second problème, la tradition orale étant prépondérante chez la VIème, il sera commémorateur sans calepin ni crayon ni tablette. La majeure partie du livre décrit donc les moeurs fenrissiennes, les traditions des Space Wolves (qui sont en gros les vikings de service), et des combats inintéressants, entrecoupés de flashbacks sur ĺa vie de Hawser lorsqu'il officiait au Conservatoire de Terra. Vraiment, pas loin d'être une purge, heureusement qu'on obtient quelques infos sur la légion (considérée comme ultra brutale, voire inhumaine, même aux yeux des autres Astartes).

Et puis d'un coup (et trop tard pour sauver le bouquin, accessoirement) le scénario bifurque, et Hawser apprend d'un chaman de la légion qu'en fait il est sous surveillance car soupçonné depuis le départ d'être un espion à son insu, chargé par une sorte d'hypnose, de servir de mouchard. Ainsi Hawser (qui ne sait plus si ses souvenirs/flashbacks sont réels ou ont été induits) rencontre les Soeurs du Silence à Nikaea pour donner l'occasion à Leman Russ de parler à Hawser de sa nouvelle mission, sans qu'aucune magie ne l'affecte (grâce au gène du paria, voir précédemment).
La fin du livre est assez bonne, même s'il y a quelques redites concernant la bataille de Prospero, et en gros (je spoile vergogneless) il s'agissait d'une manipulation d'une entité du warp, dont le but était de foutre la merde entre les Space Wolves et les Thousand Sons, qu'ils s'entretuent, pour ainsi mettre HS d'un coup les 2 légions les plus dangereuses selon les dieux du chaos, pour leurs projets vis-à-vis d'Horus.

Bref, une très bonne idée mais amenée ultra lentement, rythme désastreux. Le bon point, malgré tout, est que l'on considère de façon plus positive les Space Wolves à la fin du livre - caricaturés en bêtes sanguinaires et arriérées tout d'abord, ils s'avèrent au bout du compte plus subtils, plus malins, plus aimables aussi. Et loyaux envers l'Empereur jusqu'à être son instrument de prédilection pour toutes les basses besognes.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman



Tome 16 : "L'Âge des Ténèbres"

Des nouvelles!
Bon, après avoir eu quelques bonnes surprises (voir tome 10), j'étais moins réticent à lire ce genre de pot-pourri.
Et comme pour le tome 10, il y a eu un peu de tout, majoritairement du bon.

1ère nouvelle : "Les Règles du Combat". Nul. Cette histoire décrit des affrontements théoriques opérés par un capitaine Ultramarine (XIII) suivant à la lettre le Codex Astartes, ouvrage de tactique militaire écrit par son Primarque Roboute Guilliman. Tout est narré pour faire croire au lecteur que les combats sont réels (contre les World Eaters XII ou la Death Guard XIV), jusqu'à ce que les Salamanders (XVIII) attaquent également. Là, je me suis dit qu'il y avait soit un gros problème, soit une grosse douille (la 18ème légion étant loyaliste comme la 13ème, et ayant de surcroît été quasi-décimée sur Isstvan V). Bref, le capitaine finit par perdre son exercice contre les Sons Of Horus (XVI), et se croit responsable ; on se demande d'ailleurs comment les comportements des différentes légions peuvent être simulés de manière réaliste. Guilliman lui dit alors qu'il n'est pas infaillible et qu'il doit encore améliorer son Codex Astartes.
On passera aussi sur le fait que cette "histoire" se passe APRÈS la bataille de Calth, bataille toujours pas abordée dans les romans à ce niveau (normalement, chronologiquement, elle devrait venir juste après "Le Premier Hérétique"). J'ai fini de lire ce truc en diagonale, à oublier.

La 2ème nouvelle, "Le fruit du mensonge", est très bonne. Elle met en scène un jeune garçon d'une planète agricole paumée aux limites de l'Imperium. Une planète insignifiante qui sera pourtant la cible d'un espion de l'Alpha Legion (XX), chargé de semer le doute sur l'issue de la rébellion d'Horus contre l'Empereur, à l'instar de centaines d'autres agents identiques. Ainsi, sa mission est d'amener la guerre là où les Astartes n'iront jamais faute de réel intérêt stratégique guerrier.
Aussi, les buts réels de l'Alpha Legion (considérée comme traitresse car officiellement ralliée à Horus) dévoilés à la fin de l'excellent tome 7 "Légion" (voir précédemment, le livre III), donnent à cette petite histoire une profondeur supplémentaire.

Dans la 3ème nouvelle intitulée "Les Fils Oubliés", la diplomatie est à l'honneur. L'hérésie d'Horus se poursuit, et chacun des 2 camps essaye de rallier le maximum de planètes rendues indécises par leur perception des évènements, au mieux parcellaire, erronée ou au pire délibérément faussée. Ainsi le monde de Bastion se retrouve convoité : Horus y envoie naturellement un itérateur à sa solde, donc un politique rusé et manipulateur, pour remporter l'adhésion des dirigeants de la planète. L'Imperium quant à lui, dépêche une drôle d'équipe composée d'un Ultramarine (XIII) rafistolé et amer, ayant été gravement blessé pendant la grande bataille d'Ullanor (voir 1er post), un Salamander (XVIII) rescapé du carnage d'Isstvan V et en proie à un stress post-traumatique couplé à un désir de vengeance, et une ancienne commémoratrice reconvertie en artificière.
Le débat qui va débuter a donc toutes les chances d'être remporté par le camp de l'architraître Horus... mais rien ne va se passer comme prévu. Très bonne petite histoire!

"Le Dernier Commémorateur" : nouvelle assez courte, uniquement basée sur un dialogue entre Rogal Dorn, primarque des Imperial Fists (VII) et Solomon Voss, dernier commémorateur ayant servi auprès d'Horus lors de son basculement dans l'hérésie. Pas d'action ici, mais j'ai trouvé la narration redoutable, car Voss a vu toutes les horreurs ayant eu cours depuis Isstvan V, et a été envoyé dans le système Sol à bord d'un vaisseau non autorisé, sachant qu'il se ferait capturer ; Voss, conteur extrêmement talentueux mais brisé, se chargerait ainsi (et malgré lui) de saper le moral des loyalistes.
Jolie surprise, on retrouve Iacton Qruze "le mal entendu", ayant servi auprès des Luna Wolves rebaptisés Sons Of Horus (XVI) aux côtés de Loken dans les grandioses romans 1,2 et 3! :dawa1 Qruze est maintenant devenu ce qu'on appelle un "Chevalier Errant", c'est à dire un Space Marine resté loyal à l'Empereur, mais issu d'une légion renégate, et donc forcé de renier cette affiliation. Son armure est gris terne, et sans marquage ni symbole ni chiffre romain. C'est également de cas de cet excellent personnage qu'est Nathaniel Garro, ex-Death Guard (XIV).

La 5ème nouvelle, "Renaissance", est correcte, du type "transition", qui introduit un autre personnage. L'histoire se déroule après la destruction de la planète Prospero par les Space Wolves (VI) (voir tome 12 "Un Millier de Fils"). Un équipage de Thousand Sons (XV), tenu écarté au moment de l'invasion des Loups de Fenris, revient aux abords de leur monde natal, et le découvre anéanti. La séquence narrative se découpe en 2 : d'une part le présent, avec un capitaine Thousand Son retenu prisonnier par une mystérieuse légion présente dans le champ de ruines à leur arrivée, et d'autre part le passé proche décrivant la façon dont son escouade s'est faite maîtriser. Quelques passages sympas, notamment au niveau du lore, et sur la survie d'un Astartes du nom de Revuel Arvida - lequel réapparaîtra forcément dans une histoire future.

"Le Visage de la Trahison" : nouvelle un peu anecdotique, quoique assez légère, pas non plus inintéressante, et vite lue. L'action se passe dans le système d'Isstvan, alors que les fumées de la bataille d'Isstvan V ne sont pas encore dissipées. Nous suivons les trajectoires d'un vaisseau de la Raven Guard (XIX) arrivé sur place trop tard et cherchant à rapatrier son Primarque (Corvus Corax), et d'un vaisseau des World Eaters (XII), légion s'étant dévoilée traîtresse et cherchant à annihiler tout espoir de fuite pour les loyalistes. Beaucoup de transmissions radio, de manoeuvres spatiales, de réflexions stratégiques... et 2 agents infiltrés de l'Alpha Legion (XX). Sympa mais dispensable.

La 7ème nouvelle "L'Autre Horus" partait très bien, et est retombée comme un soufflé. Elle revient faire le point sur les états d'âme d'Horus Aximand, surnommé "l'autre Horus", capitaine de la XVIème Légion (menée par "le vrai" Horus, l'antagoniste de cette saga). L'intrigue se situe après les évènements du tome 13 "Nemesis", et Aximand n'a toujours pas digéré le combat fratricide entre les membres du Mournival (fin du tome 3 "La Galaxie en Flammes", dans lequel Aximand accuse clairement le choc et Abaddon le remarque). Ce qui donne ici l'occasion de pénétrer dans les recoins de son esprit pour y découvrir ses doutes, ses faiblesses, sa culpabilité. Il se sent épié, ses rêves sont troublés, un fantôme semble le poursuivre, et risque de mettre en péril la mission confiée par le Maître de Guerre. Et...
c'est tout. Ensuite ça se bastonne avec des White Scars (V) pendant toute la seconde moitié, et rideau. Quel dommage! >:(

Ah, enfin! Il aura fallu attendre le tome 16 et sa 8ème nouvelle "Coeur de Fer" pour avoir du lore sur les Iron Warriors (IV)! L'histoire se déroule après les évènements d'Isstvan V (encoooore, cette bataille est effectivement un pivot historique). Une délégation d'Iron Warriors accompagnée de Sons Of Horus (XVI) se rend sur un planétoïde abritant une citadelle Iron Warrior pour y ordonner sa mobilisation pour servir de base de ravitaillement en vue d'attaquer le palais impérial de Terra. À ce moment de l'histoire, le lecteur sait que les Iron Warriors ont rallié Horus et participé au massacre d'Isstvan V. Tous les Iron Warriors? Non! Le maître de forge Barabas Dantioch et sa petite armée, retranchés dans leur citadelle imprenable, envoie proprement chier les ordres de leur Primarque Perturabo, donnés de la bouche de la délégation. Trahir l'Empereur leur est inconcevable, et ils savent désormais que leur appartenance à la 4ème légion vient d'être révoquée à tout jamais.
Nouvelle bien sympa! J'ai bien aimé ce concept de forteresse construite sur le plafond d'une immense caverne, "à l'envers", avec la plus haute tour de garde pointant vers le bas. Et c'est appréciable d'en savoir un peu plus sur cette légion, notamment sur ses luttes intestines quant à savoir s'il faut choisir de rester fidèle à leur Primarque ou à l'Empereur "aimé de tous". J'ai appris ensuite sur le net que Barabas Dantioch fera un excellent loyaliste qui s'échinera à restaurer un tant soit peu l'honneur de sa légion, et réapparaîtra dans de futures histoires pour y inscrire sa légende.

Neuvième et dernière nouvelle : "Des Armes Brutales". La 1ère Légion, les Dark Angels, est embourbée dans un secteur paumé de la galaxie, à ferrailler contre la légion renégate des Night Lords (VIII) depuis 2 années standards ; quand Lion El Jonson se voit offrir la possibilité de rencontrer en face à face son frère primarque Konrad Curze sur le monde désolé de Tsagualsa, il emmène avec lui le capitaine Corswain pour une entrevue aux allures de guet-apens.
J'étais ravi de pouvoir lire des trucs sur la mystérieuse 8ème Légion (un peu comme pour la 4ème lors de la nouvelle précédente), mais je suis resté sur ma faim. C'est très, trop succinct, et l'affrontement homérique entre les 2 Primarques ne compense pas cette déception. Histoire un peu juste, qui donne des miettes de lore et tresse des lauriers au capitaine Corswain.
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

#32
Tome 17 : "Les Morts Oubliés"

Très bonne histoire! L'intrigue se passe entièrement sur Terra, chose assez inhabituelle puisque pour le moment il ne s'agit que de la 2ème fois en 15 romans (je ne compte pas les 2 tomes 10 & 16 uniquement composés de nouvelles), et encore, le tome 13 n'a lieu qu'en partie sur la planète-mère.
Et grande première, on aborde pleinement le grand sujet de l'Astra Telepathica, cette grande assemblée de psykers au service de l'Empereur. Il a déjà été fait mention précédemment des méthodes de "recrutement" des psykers dans la galaxie : les Vaisseaux Noirs de la Sororité du Silence traquent les psykers sur les colonies humaines grâce à la condition de parias des Soeurs, qui les ramènent sur Terra pour les trier ; ceux aptes à servir l'Imperium sont enrôlés de force, et les autres partent vers "la Montagne Creuse", une sorte de gigantesque fourneau où les psykers trop faibles ou incontrôlables sont sacrifiés afin de nourrir "l'Astronomican", ce phare psychique brillant dans le Warp et servant de repère aux Navigateurs. Parmi les psykers servant l'Empereur, il y a principalement les Navigateurs (chargés de conduire les vaisseaux dans le Warp en minimisant les risques), et les Astropathes, qui sont soit affectés à des vaisseaux de la Grande Croisade, soit entassés dans des grandes salles de réception de messages sur Terra.

Kaï Zulane est donc un astropathe ayant servi dans un vaisseau des Ultramarines (XIII), qui, suite à la mort atroce de tout l'équipage à cause d'une avarie du champ de Geller en pleine tempête Warp, se retrouve profondément traumatisé et revient sur Terra l'esprit en morceaux. Le souci est qu'il était l'un des meilleurs, voire LE meilleur astropathe en activité ; ses supérieurs décident d'essayer de le remettre psychologiquement d'aplomb plutôt que d'envisager de l'envoyer à la Montagne Creuse. L'histoire suit donc Kaï Zulane en proie à ses doutes et sa culpabilité écrasante, tentant de revivre pour servir l'Empereur.
Quand soudain les actes de Magnus le Rouge, le Primarque des Thousand Sons, renversent toute la stabilité du palais impérial (voir tome 12 "Un Millier de Fils"). Des astropathes meurent par centaines suite à la déflagration psychique involontaire, et dans un ultime soubresaut d'omniscience accidentelle provoqué par cette condensation d'énergies psychiques, l'une des supérieures de Kai lui implante une vision du futur dans son esprit, si profondément cachée qu'il ne pourra y accéder que lorsqu'il se retrouvera en personne devant celui auquel il devra délivrer le message.

Ayant assisté à cette transmission de savoir aveuglante, les gardes personnels de l'Empereur, les Custodes (des sortes de spaces marines en version chevalier d'or), décident de faire main basse sur le pauvre astropathe pour lui soutirer cette mystérieuse information par tous les moyens nécessaires, et notamment la torture psychologique. Le voilà donc arrivé à Khangba Marwu, la prison haute sécurité des Custodes, où sont également enfermés quelques Astartes dont le seul crime était d'appartenir aux légions renégates au moment où, à des milliers d'années lumières de Terra, celles-ci perpétraient les massacres d'Isstvan III et d'Isstvan V (voir tome 3 : La Galaxie en Flammes, et tome 5 : Fulgrim), ou simplement soupçonnés par défaut. Parmi ces prisonniers, 1 Thousand Son (XV), 3 World Eaters (XII), 1 Emperor's Child (III), 1 Death Guard (XIV) et 1 Luna Wolf (XVI - il n'a d'ailleurs pas assisté au nouveau baptème de sa légion en Sons Of Horus), qui ont la ferme intention de ne pas rester moisir ici...

Ce tome est très intéressant à lire, déjà pour apporter beaucoup d'informations sur les pauvres psykers de Terra, véritable chair à canon psychique, et aussi pour être le théâtre de rassemblement d'un tas d'évènements déjà survenus ailleurs dans les autres tomes. Au niveau du lore, on perçoit donc une belle cohérence, et c'en est qu'une infime portion!
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche

cacaman

#33
Citation de: cacaman le Samedi 18 Avril 2026, 00:13Au niveau du lore, on perçoit donc une belle cohérence, et c'en est qu'une infime portion!

Alors... en y repensant et en relisant certains passages, je me suis tellement laissé emporter par le bouquin que je suis passé à côté d'une incohérence majeure, et je vais me fouetter avec des orties fraîches pour ça. La honte!!

Normalement Magnus est censé vouloir prévenir son père de la trahison d'Horus juste après avoir essayé de le sauver dans son monde onirique lorsqu'il était blessé dans le delphos de Davin (tome 2 "Les Faux Dieux"). Il désobéit donc clairement à l'édit de Nikaea, se "sacrifiant" pour une cause plus grande que lui. Mais tout ceci arrive forcément AVANT le massacre d'Isstvan III...

OR... au début du tome 17, il est clairement dit que Terra, et Dorn en particulier, soupçonne un revirement tragique sur Isstvan V : il a déjà été mis au jus de la trahison d'Horus grâce à Garro (tome 4 "La Fuite de l'Eisenstein", fuite d'Isstvan III d'ailleurs), il a déja envoyé 7 légions dans le système d'Isstvan pour punir Horus et ses 3 légions alliées... et c'est là que Magnus arrive par téléportation...? alors que les Spaces Wolves de Russ ont déjà fait cramer Prospero pour punir Magnus d'avoir brisé son devoir de ne plus utiliser le Warp...?

Bref, c'est un excellent livre basé sur une cohérence catastrophique. L'auteur s'est chié dessus, et vu la qualité de l'intrigue, la narration, les autres infos, c'est un sacré fail! Tu fais un super gâteau, il tombe par terre, et tu le remets sur le plateau, ni vu ni connu! Et moi j'ai tout bouffé!! T_T

Putain je me demande comment j'ai pu gober ça sans broncher à ma première lecture  :onionsweat
Le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge mais la conviction.
Nietzsche