Langues de velours (linguistique, belles lettres et aurthographe)

Démarré par Rincevent, Lundi 14 Juillet 2025, 10:35

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Ben

#220
Comme mon grand père maternel et sa famille, quand ils sont arrivés en France et qu'ils ont été naturalisés, son nom francisé c'etait Boëro pour bien mettre l'emphase sur l'accent. :aie
"My weekend's empty, the ones who fill in my schedule.
Are always people other than me. Doesn't matter if it's real or fake, right?
Even so, what I want is a cushion to ease my loneliness."

Byaku

Citation de: Rincevent le Dimanche 16 Novembre 2025, 13:21Ah, mon père a longtemps fait ça aussi, pour aider les gens à comprendre comment écrire notre nom. Il n'est pas breton (mais c'est du gaulois, quand-même :o) et y a un E silencieux au milieu, donc il arrive qu'on le prononce É pour être sûr qu'il ne soit pas oublié.

Idem mon nom de famille se termine par "DE" et en Bretagne ils ont tendance à prononcer "DÉ" bien plus qu'ailleurs  :o
La plus grande tragédie de la vie, n'est pas la mort... mais ce qui meurt en nous, tandis que nous vivons...

Samantha Rosenwood

#222
Le meilleur ami de mon arrière-grand-père, qui était d'origine mexicaine, avait francisé son prénom hispanophone, en préservant l'accent sur le « a « , et en y ajoutant le « d » à la fin. Je l'avais découvert au dos d'une photo d'eux en noir et blanc, quand j'étais petite.
« Yanagi Ni Kazé » - Proverbe Japonais
« Développer la Socio-Intelligence » - Devise de l'Université Senshu
« Draco Dormiens Nunquam Titillandus » - Devise d'Hogwarts, School of Witchcraft & Wizardry
« May the Force be with you...ALWAYS » - Devise et bénédiction Jedi

Nicodémüs

Quand j'y pense, le nom de ma grand-mère a aussi été francisé lorsque l'Alsace a été rattachée à la France (le "g" ayant été modifié en "ch" pour faire moins allemand). :fufufu1

Le Passant

#224
De façon générale, beaucoup de noms et prénoms alsaciens ont été francisés, que ce soit lors du "choix" (qui était de quitter l'Alsace en 1871) pour mieux s'intégrer dans les autres régions françaises, ou bien en 1919 quand l'Alsace a réintégré la France (et comme l'idée était de forcer la francisation, dans certains cas les officiers d'Etat-civil ont simplement modifié d'eux-mêmes des noms sans demander l'avis des gens). C'était moins le cas après la Seconde Guerre, par contre la francisation a largement accéléré avec la politique volontariste d'humilier ceux qui parlaient allemand ou simplement avec un accent.

Rincevent

Par curiosité, chez vous aussi les gamins étaient punis / frappés s'ils parlaient autre chose que le français ?
L'important n'est pas de savoir ce qu'on fuit mais où on fuit.

Ben

Quand on pense que maintenant on essaie de preserver un peu plus les langues locales.
Déjà je me souviens en primaire, on avait un peu de Provençal, après c'etait plus en mode découverte que de vrais cours.
"My weekend's empty, the ones who fill in my schedule.
Are always people other than me. Doesn't matter if it's real or fake, right?
Even so, what I want is a cushion to ease my loneliness."

Le Passant

#227
Personnellement non puisque je ne parle pas l'alsacien (mais je doute que ça ait pu arriver après les années 70 dans tous les cas). Mes parents a priori n'étaient pas punis non plus quand ils parlaient alsacien, par contre "il est chic de parler français" était une réalité bien ancrée et mon père , en tant que "rural", était charrié voir harcelé par les "urbains" de Saverne.

De façon plus ancienne, la francisation de l'école est arrivée en force dès 1919 (avec la déportation de ceux qui n'exhibaient pas une "francité" suffisamment avancée), puisque les enseignants et membres des différentes administrations étaient alors importés depuis le reste du territoire français (histoire que l'Alsacien moyen puisse être redressé). Après 39 et avant 1944 c'était l'inverse, bien sûr. Mon grand-père s'est fait battre quasi à mort avant ses 18 ans parce qu'il avait parlé français dans la rue.

Rincevent

Chez nous selon une légende connue c'était affiché dans les écoles : interdit de blasphémer, de cracher ou parler breton, mais cet affichage spécifique n'est apparemment pas attesté. Mais l'État a tout fait pour éradiquer la langue et la vie moderne (transports et médias) a largement poussé les gens à cesser de parler en breton à leurs enfants. Les années 50 et 60 c'était la fin de la langue parlée quotidienne,  fallait surtout pas que les gamins l'apprennent. La Première Guerre mondiale a vu des soldats se faire exécuter juste parce qu'ils n'avaient pas compris les ordres, par exemple.
Citationles élèves bretonnants subissent des persécutions officielles au moyen notamment de pratiques humiliantes. Ainsi se répand la pratique du symbole, petit objet qui passe au cou d'élève à élève pendant la récréation à chaque fois que l'un d'entre eux parle breton, avec une punition pour le dernier élève à l'avoir.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Breton

Du reste, cette intériorisation du fait d'appartenir à une culture de pouilleux sans avenir je l'ai retrouvée dans des témoignages de francophones du Missouri ou du Canada.
L'important n'est pas de savoir ce qu'on fuit mais où on fuit.

Le Passant

#229
Citation de: Rincevent le Dimanche 16 Novembre 2025, 21:07Chez nous selon une légende connue c'était affiché dans les écoles : interdit de blasphémer, de cracher ou parler breton, mais cet affichage spécifique n'est apparemment pas attesté. Mais l'État a tout fait pour éradiquer la langue et la vie moderne (transports et médias) a largement poussé les gens à cesser de parler en breton à leurs enfants. Les années 50 et 60 c'était la fin de la langue parlée quotidienne,  fallait surtout pas que les gamins l'apprennent. La Première Guerre mondiale a vu des soldats se faire exécuter juste parce qu'ils n'avaient pas compris les ordres, par exemple.

Pas étonnant. La volonté de centralisation et d'uniformisation  vient au XX° siècle essentiellement. Exécuté pour ne pas avoir compris des ordres, ça ne m'étonne pas, vu l'ambiance de la Première Guerre. Pas la même situation, mais durant la Seconde Guerre, quand les incorporés de force Alsaciens et Mosellans se sont retrouvés prisonniers en Russie (après que la Russie ait rejoint les Alliés bien sûr, pas tant qu'ils travaillaient avec l'Allemagne), un certain nombre ont demandé à pouvoir rejoindre la France et se battre à nouveau, mais contre l'Allemagne. Ca a été refusé, aussi bien par les Russes que par les Alliés. Ils ne savaient pas quoi faire de ces soldats allemands qui parlaient français. Plusieurs milliers sont morts à Tambov dans l'indifférence totale.

edit : allez, j'exagère, certains ont été libérés sur le tard pour intégrer les forces de la France Libre. Reste qu'ils ne constituent pas la majorité et que pendant des décennies ont les a ignoré.

Rincevent

Dans la famille de ma grand-mère elles étaient trois sœurs. Les deux aînées ont été élevées en breton, ma grand-mère en français. Parce que. Ils ont dû se dire qu'elle aurait plus de chances. Mais du coup elle a cumulé les difficultés, ne parlant correctement aucune des deux langues, n'en lisant une qu'avec difficulté, étant par ailleurs probablement dyslexique dans une famille pauvre et avec une scolarité très courte et suspendue par l'occupation et au moins un épisode où ils ont dû se planquer parce que son père était recherché.

Et au moment où les Bretons se faisaient violence en abandonnant leur langue ils se sont pris le remembrement, encore plus violent, sur la gueule. Là aussi avec des autorités qui ont profité de leur mauvaise ou non-compréhension du français pour les entuber et les exproprier du jour au lendemain.
L'important n'est pas de savoir ce qu'on fuit mais où on fuit.

Sthénélos

Le basque n'est pas mieux loti: Iñaki est transcrit Inaki sur le site de l'Assemblée Nationale alors que Nuñez reste Nuñez. Je préférerai en tout cas toujours le délicieux cañon à l'horrible canyon  >:(

Sthénélos

Le tilde a pourtant été utilisé pendant des siècles en français, mais bon tout se perd.

Volcano

Ne réveillez pas le volcan qui dort...

Rincevent

L'important n'est pas de savoir ce qu'on fuit mais où on fuit.

Byaku

La plus grande tragédie de la vie, n'est pas la mort... mais ce qui meurt en nous, tandis que nous vivons...

Bouloche le Foufounet

Chaque problème a sa solution qui pose problème !

Byaku

La plus grande tragédie de la vie, n'est pas la mort... mais ce qui meurt en nous, tandis que nous vivons...

Byaku

La plus grande tragédie de la vie, n'est pas la mort... mais ce qui meurt en nous, tandis que nous vivons...

Byaku

La plus grande tragédie de la vie, n'est pas la mort... mais ce qui meurt en nous, tandis que nous vivons...